Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse

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une mamie de 40 ans

Témoigner

mercredi 20 janvier 2010

Dernière mise-à-jour le 20 janvier 2010

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c’est en tant que maman et grand mère que je témoigne.

le 17 février de cette année, ma fille Laura, avait mis un décolleté. Je me suis aperçu qu’elle avait des vergetures rouges sur la poitrine. Je lui ai demandé si elle n’était pas enceinte, elle m’a répondu "impossible maman, la dernière fois que j’ai vu Julien s’était fin juillet".

Je lui demande si elle n’a pas eu d’autre relation et non. Je lui demande si elle peut me montrer un sein afin de voir ses aréoles. Et là, aréoles dilatées. Nous achetons un test de grossesse qui s’avère positif.

Le lendemain nous allons a la maternité, et après échographie, nous apprenons que Laura est enceinte de 7 mois.

Le choc. Tout passe par la tête, la peur, et surtout la culpabilité pour moi qui n’ai rien vu. Rentrées a la maison, Laura me dit qu’elle veut accoucher sous X. Je lui donne mon point de vu, en lui expliquant qu’elle risque de regretter sa décision toute sa vie, qu’elle sera obligée de mentir à son copain, à ses futurs enfants etc. Un peu plus tard, elle me dit, qu’elle ne veut pas s’occuper de son enfant et qu’elle veut que je sois la maman et elle sa sœur. Je lui explique qu’elle ne peut pas faire ça, car son enfant n’aura plus d’identité, qu’il aura une vie basée sur le mensonge. Je lui dit que nous serons à ses cotés, qu’elle peut avoir cet enfant car jamais elle ne sera seule. Ne travaillant pas, je lui dit qu’elle pourra poursuivre ses études, et que je garderai son enfant. Je lui explique qu’il n’y a pas de honte à être mère à presque 17 ans, et que c’est une aventure magnifique que nous vivrons ensemble.

Mon mari et ma fille ainée lui ont dit la même chose. Pour ce qui est de l’annonce a ma belle famille ça s’est très mal passé. J’ai fait mur, et j’ai continué à rassurer ma fille dans son rôle de futur maman. J’ai pris contact avec l’assistante sociale de notre ville afin d’une part, de prendre connaissance des formalités pour un accouchement sous X, l’assistante sociale a commencé à nous expliquer et Laura lui a coupé la parole en disant je n’accoucherais pas sous X, mais cette démarche était nécessaire. L’assistante sociale nous a mis en relation avec diverses personnes. Le suivi à l’hôpital de Périgueux s’est très bien passé. Aucun jugement, toujours dans les soutien le conseil, l’équipe est vraiment formidable.

Une semaine après la nouvelle de la grossesse, et acceptation de Laura pour garder son enfant en tant que maman, son ventre s’est arrondi. Elle a passé le reste de sa grossesse épanouie et heureuse. Nous avons partagé des moments magique elle et moi, nous étions déjà fusionnelles mais là, c’est encore plus fort. Le terme de la grossesse était prévu pour le 28 avril. Nous avions RDV avec la gynéco de Laura le 2 avril.

A l’examen, Sandrine ( gynéco) demande a Laura " tu n’as pas mal au ventre" Laura non pas du tout "et tu n’as pas mal au dos ?" Laura non j’ai mal nulle part, " bien, Laura nous allons te garder car tu es en travail a 6 cm). Et ma puce a accouché d’un petit Alexi en siège. Elle a tout de suite aimé son fils, le prenant avec elle dans son lit car elle avait peur qu’on lui vole. Je n’ai jamais vu ma fille aussi fière. Le pédiatre de la maternité m’a demandé s’il m’était possible de venir dans la salle des médecins. J’ai eu très peur qu’il m’apprenne qu’il y avait un problème.

Dans la salle, tous le staff médical était réuni. Ils m’ont félicité d’avoir fait et accompagné Laura ainsi, et m’ont dit que j’étais une maman formidable. Encore de l’émotion, je leur ai dit qu’il n’y avait rien de plus normal que d’accompagner ses enfants dans la vie, pour le meilleur et pour le pire. Ils m’ont dit que malheureusement beaucoup de jeunes filles sans être obligatoirement en déni, étaient rejetées par leurs parents et m’ont conseillé de monter une association et qu’ils seraient là pour m’aider. Je leur ai répondu que pour le moment je devais m’occuper de ma famille, mais que je reviendrai vers eux le moment venus. Nous sommes toujours en contact. A ce jour tout va bien. C’est pourquoi je tenais a témoigner, afin qu’on retire l’étiquette malsaine du déni de grossesse, en médiatisant les infanticides par exemple. Une mamie de 40 ans.


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