Association Française pour la Reconnaissance du Déni de Grossesse

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je sais que je survivrai

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mercredi 20 janvier 2010

Dernière mise-à-jour le 20 janvier 2010

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Je suis tombée enceinte avec bonheur fin juillet, et le 12 septembre, j’ai appris que mon embryon avait cessé de se développer à la fin de sa 4ème semaine.

Le 22 septembre, je commence à expulser naturellement, sans trop de douleurs.

Un mois après, je commence à avoir des maux de ventre (comme des règles très douloureuses), et surtout, je continue à saigner alors que l’écho de contrôle a montré que j’avais presque tout expulsé, à part ce qui ressemble à un caillot de sang assez gros. Mon gynéco m’envoi en urgence chez un confrère pratiquer une hystéroscopie (principe de la caméra dans l’utérus). Comme je saigne, il ne voit pas bien, mais me dit que c’est sûrement un fibrome ou polype qu’on va me retirer au cours d’une petite intervention. Après intervention, on m’annonce qu’il s’agissait en fait d’une grossesse très ancienne, très avancée (il a dû s’atrophier après être mort), et que ce bébé est mort dans mon utérus et y est resté. C’est ça qu’à l’écho, on prenait pour un gros caillot de sang.

Je n’ai pas encore les résultats des analyses que le gynéco a demandé pour dater la grossesse et comprendre ce qui est arrivé à ce bébé, mais je me souviens qu’à l’été 2006, sous pilule, j’ai eu une semaine de grande fatigue (j’étais en vacances, aucune fatigue, mais je dormais toute la journée et me recouchais à 21h le soir), et que j’ai vomi un jour après 2 verres de vin alors que je n’avais jamais eu ce problème (je supporte très bien vin et alcools).

Consciente du fait que même si je prenais la pilule, je pouvais être enceinte, je suis allée consulter un gynéco qui m’a dit qu’à l’examen, on ne sentait rien, mais que ce pouvait quand même être un début de grossesse, il m’a donc prescrit une prise de sang, qui a été négative, et les symptômes étant passés, j’ai pensé à un petit virus.

A l’automne, j’ai eu 2 angines blanches, une grippe, des douleurs musculaires... J’ai pris des médicaments interdits aux femmes enceintes, ce qui explique peut-être que ce pauvre bout de chou, après s’être développé comme il pouvait, a fini par mourir dans la même discrétion qu’il était arrivé.

Ma fausse-couche de septembre m’a rendue très triste, mais c’est encore pire pour ce bébé que j’aurais probablement gardé même si ce n’était pas le bon moment professionnellement. Avant ma fausse-couche récente, j’avais commencé à acheter des petits vêtements, un livre pour suivre ma grossesse, un livre pour le papa, à l’aimer, à lui faire de la place dans mon coeur. J’ai été très triste de cette fausse-couche, mais elle été "naturelle", je savais que ça arrive dans 1 cas sur 4 dans les premiers mois, et cette tristesse a suivi un cours "naturel".

Je suis malade de tristesse pour ce bébé ignoré à qui je n’ai pas fait de place, à qui j’ai fait du mal sans le vouloir, qui est mort sans que je puisse le pleurer ou lui dire au revoir à l’époque... Je suis malade d’incompréhension quant à cette prise de sang qui s’est révélée négative, même sous pilule, on peut détecter une grossesse par prise de sang, c’est censé être fiable, pas comme les tests en pharmacie.

Je sais que je survivrai, et que j’aurai sûrement bientôt une 3ème grossesse qui se terminera bien, mais j’ai du mal à accepter ce qui nous est arrivé, à ce bébé et à moi. Je me donne un peu de temps pour vivre ça toute seule, mais si je me rends compte que c’est trop dur et que ça risque de compromettre le relation que j’aurai avec un futur bébé, je sais que je consulterai un psy.


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